Premières impressions
Pour avoir le plaisir de voir des animaux du Grand Nord en semi-liberté, il nous a suffi de parcourir les quelques 120 km depuis Harstad direction: Nord. Cette zone est limitrophe avec la Suède … (quelques 10 km à vol d’ oiseau). De hautes montagnes déjà enneigées la séparent de la Norvège, et justement, parce que le Polar Zoo n’ouvrait que une heure plus tard, nous avons poursuivi notre route afin de nous rapprocher de la frontière, en espérant cependant ne point avoir à croiser un véhicule en sens inverse vu l’étroitesse de la route !
Magique, de se trouver si haut au-dessus du cercle polaire, avec la certitude de pouvoir suivre des animaux en semi-liberté déjà revêtus de leur fourrure d’hiver pour la plupart. Malheureusement plus de glouton : décédé depuis plus d’une année … ni d’élans au nombre de deux…. Je vous raconterai plus loin la raison de leur absence.
Température : 2 degrés : pas de signe de pluie, plutôt du givre au sol, le rêve quoi ! Nous nous sommes vite mis à l’ abri dans la partie “accueil” du bâtiment au toit couvert de végétation.
Là, une grande salle…
Lumières tamisées, un loup naturalisé qui semble hurler à la mort …
Et de nombreux autres ex-pensionnaires peut-être, dont ce tétras.
Et le fameux glouton (il y en a eu deux en fait), qui ont fini empaillés, aux cotés de leurs compagnons d’infortune !
Au-dessus de ce qui fait office de cheminée, des bois d’élan et un très bel aigle à la taille impressionnante …
L’entrée du Polar Zoo
Première approche des lieux de vie des pensionnaires en attendant le clou du spectacle : Le moment de leur “snack” prévu vers midi.
Petite promenade le long d’un chemin pas toujours sec … Rappelons que la température déjà basse alors, l’avait été davantage durant la nuit .. aussi grandes précautions pour moi (quelques plaques de verglas encore présentes) …
Petit coup d’oeil sur les panneaux concernant les pensionnaires. Vous remarquerez que trois langues sont utilisées, peut-être pas dans l’ordre: le norvégien, l’anglais et le Sami ou inversement !
Un cerf et sa femelle en premier plan qui n’a pas daigné se retourner … devant leur mangeoire.
Quelques mètres plus loin, le panneau annonciateur de l’habitat des lynx.
En voici un … majestueux … Yeux mi-clos, pas du tout perturbé par notre approche …
Quelle belle couleur de pelage !
Puis l’enclos des loups …
D’abord un couple de loups, semi-socialisé qui nous a suivis le long de la clôture puis cinq autres au pelage clair plus difficile à discerner dans leur environnement , qui s’ébattaient sans se soucier de notre présence … Le plus curieux cependant nous a rejoints, le voici donc.
Autres pensionnaires très nets cette fois : deux jeunes renards au pelage blanc, à la queue touffue, que nous aurions certainement eu plus de mal à admirer lorsque le manteau neigeux recouvre le sol …
Sur cette photo, on constate que leur pelage n’a pas encore atteint leur couleur d’hiver puisque la partie supérieur de leur dos reste dans les tons beige …
Nous voilà, quelques dizaines de mètres plus loin, devant l’enclos des ours. Le temps de les repérer … Les voilà ! Ils semblent très curieux … et moi donc ! Un couple : “Salt and Pepper” qui n’attend qu’une chose : de quoi se régaler pour le plus grand plaisir des visiteurs ! !
Fourrure déjà bien dense …. Toujours ensemble, bien sympathiques … Qui n’a pas rêvé avoir un gros doudou dans ses bras … un “Mishka” quoi … nom de l’ours en russe.
Abordons à présent la raison de l’absence des 2 élans. Eh bien ! Il y a de cela quelques temps, (Précisons qu’ ici, c’est encore la saison de la chasse). Un adepte de ce “sport” dirons-nous, s’est aventuré de nuit, très près du zoo pourtant fermé : armé d’un fusil à lunettes, il a probablement aperçu des points brillants dans la nuit, il les a tout bonnement visés … Le coup est parti et … ce n’est pas un mais les deux élans qui devaient se trouver côte à côte, qui ont été abattus par la seule balle tirée …
Je peux cependant vous montrer la photo d’un des élans pris par Eric lors d’une précédente visite au Polar Zoo … bien maigre consolation .
Quelle “bouille” ! Moi qui me sentais frustrée, après plusieurs voyages en Norvège, de n’en avoir vu de près …. me voilà bien déçue! … Nous avions, il y a quelques années, aperçu, vers quatre heures du matin, en plein jour, (puisque en été), une mère et son petit qui s’apprêtaient à traverser le fjord … Nous étions en voiture et donc impossible de s’arrêter sur la route qui nous menait à l’aéroport …
Décidément pas de chance, car quelques jours avant de rentrer en France cet été, nous nous promenions Mia et moi dans “Folkeparken”, lorsque j’ai entendu des bruits de galops de plus en plus rapprochés et vu surgir à quelques dix mètres de la poussette, un élan de bonne taille que je n’ai, bien sûr, pas eu le réflexe de prendre en photo tant j’étais surprise ! Seule l’empreinte de ses sabots est restée au sol, preuve que je n’ai pas même pas pensé à immortaliser “sur la toile” …
Le clou du spectacle
Un bruit de moteur: un quad s’est fait entendre ! Pas très écologique ce mode de déplacement ! Aucune excitation dans les enclos … Les premiers servis furent les lynx… Un seau de nourriture posé devant l’entrée de leur enclos … Pas de panique, l’employé a ouvert la porte, s’est introduit, a continué de nous donner des détails sur ces animaux … âge … poids … etc … Ce n’est que lorsqu’il a commencé la distribution des parts de viande que le mâle et la femelle se sont jetés à tour de rôle sur leur nourriture …
Plus haut en longeant le grillage nous avons découvert Joséphine, une maman lynx âgée de 11 ans et ses trois petits de 3 mois seulement, pleins de vie. Jusqu’à cet âge, les lynx ont couramment l’arrière train faible, détail qui se corrige très vite avec les activités physiques et la musculation des pattes. Pour certains, le processus peut-être un peu plus long et c’est ce que nous avons vu avec le petit dernier de la bande dont les pattes arrières manquaient encore de tonus : très perceptible lorsque le petit drôle se déplacait ! Je l’ai trouvé bien tenace lorsque son morceau de viande s’est malencontreusement coincé dans le bas du grillage! Là nous avons pu constater la force de ses griffes …
Au tour des loups ! Même scénario … Très patients ces animaux à la si mauvaise réputation. Et pourtant ! C’est justement que certains visiteurs, en quête de sensations fortes, ont l'opportunité de passer une nuit en leur compagnie! N’oublions pas que ces animaux sont semi socialisés, (ils ont grandi en compagnie des ours et ceci sans problème) ... Lorsqu’ils prennent contact avec leurs hôtes, ils ont pour habitude de faire connaissance en leur léchant le visage et tout particulièrement en leur introduisant la langue dans la bouche… Mieux vaut ne pas garder celle-ci ouverte … “Baiser” bien sauvage ! Ces anecdotes nous furent contées avec une pointe d’humour .
N’oublions pas l’encas des renards … Celui-ci se composait de graines genre “Musli”. Très gracieux dans leurs déplacements, ces petits rusés. Toujours la même complicité avec leur soigneur.
Enfin les ours! Toujours ensemble le frère et la soeur, mais priorité à Pepper qui grogne … de plaisir peut-être, tandis que Salt se serre contre lui mais attend son tour, semblant ne vouloir faire qu’un avec lui … pour éventuellement profiter des miettes de gaufres (surplus du restaurant) données par le soigneur à Pepper ! Vous savez … les fameuses gaufres en forme de coeur dégustées sur le bâteau, le jour de la fête de la musique cet été ! Le nom norvégien de ces crêpes est “vaffel” au singulier, “vafler” au pluriel.
C’est enfin le tour de Salt ! Vous entendrez dans la vidéo qui suit, les grognements de satisfaction de Pepper qui reçoit sa nourriture, d’ailleurs plus substancielle que les autres pensionnaires, mais reconnaissons que leur poids est différent !
Nous sommes rentrés le soir tombant. J’ai vraiment apprécié ces moments privilégiés passés en compagnie d’animaux que je ne suis pas près de revoir …
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